« Sans salaire pendant 5 mois » : des milliers de salariés des aéroports de Roissy et Orly privés de badge et de travail ? » : voici comment débutait un article du Parisien du 18 juin 2026 pour mettre en lumière la situation de nombreux travailleurs des bases aéroportuaires. Retour sur cette situation et sur mon intervention auprès du Premier ministre.
Les syndicats dénonçaient en effet une explosion des refus des titres de circulation aéroportuaire (TCA) qui permettent à 200 000 personnes de travailler chaque jour dans les zones sécurisées de Roissy, Orly et du Bourget. Une manifestation a eu lieu le 18 juin 2026 et, avec mes collègues sénateurs du groupe CRCE-K au Sénat, soient Marianne Margaté (Seine-et-Marne), Fabien Gay (Seine-Saint-Denis) et Pascal Savoldelli (Val-de-Marne), qui sommes concernés par ces territoires, nous avons, dans cette suite, interpellé le Ministre de l’Intérieur. Retour sur un sujet qui touche fortement les travailleurs de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Un durcissement opaque et disproportionné des critères d’attribution des badges d’accès aux zones aéroportuaires
La sécurité de nos aéroports doit être totale et celle-ci ne se discute pas. Pour cela, il faut sécuriser les accès et c’est en ce sens qu’un badge d’accès s’impose comme le précieux sésame qui permet d’entrer sur ces zones sécurisées. Ces habilitations sont délivrées par l’autorité administrative, soit par Monsieur le Préfet délégué pour la sécurité et la sureté des plates-formes aéroportuaires auprès du préfet de police de Paris. Cette habilitation a été rendue obligatoire par le code des transports et son article L.6342-3 pour toute personne qui doit accéder au fret, aux zones de bagages, aux approvisionnement de bord ou aux zones de sureté à accès réglementé. Elle est concrétisée par l’octroi d’un badge, fourni par l’exploitant aéroportuaire.
Comme annoncé dans le code des transports : « La délivrance de cette habilitation est précédée d’une enquête administrative donnant lieu, le cas échéant, à consultation du bulletin n° 2 du casier judiciaire et des traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales ».
Depuis quelques mois, les salariés sont inquiets et l’intersyndicale relaie leurs préoccupations, qui s’avèrent plus surprenantes les unes que les autres : nombre de salariés se retrouvent sans badge pour des infractions mineures ( simples contraventions) voire pour des conflits de voisinage…
La difficulté : personne ne connaît les critères d’attribution de ces badges d’accès et la règle n’est donc pas claire. Depuis quelques temps, on semble dévier vers des décisions arbitraires. Or, l’arbitraire ne peut pas prendre le pas dans de telles circonstances, c’est-à-dire dans la décision de suspendre ou non un salarié de son activité : c’est un point sur lequel nous avons souhaité interpeller le Premier ministre. Priver de badge un salarié, c’est le priver de travail et c’est donc le priver de salaire. 5% des salariés, selon les syndicats, sont aujourd’hui concernés et se retrouvent dans une situation de précarité. C’est inacceptable.
Les revendications de l’intersyndicale : des mesures de transparence et un dialogue social à ouvrir sans tarder
Autre problème : le dialogue social est absent et renforce le sentiment de gestion arbitraire. Nous avons donc souhaité porter les revendications des salariés au plus haut sommet de l’Etat, soient :
- La création d’une commission paritaire qui puisse étudier de manière transparente, concertée et contradictoire les dossiers litigieux ;
- La fin de l’utilisation abusive de l’accès au Traitement d’antécédents judiciaires pour les faits mineurs ;
- La mise en place de badges temporaires pendant le traitement de l’instruction du dossier pour éviter les pertes de salaire ;
- Le renforcement des moyens mis à disposition en préfecture pour un traitement adapté de chaque situation.
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La sureté aérienne est une priorité et cela ne se discute pas. Cependant, elle doit se faire aussi dans le respect des droits de tous les salariés.
Retrouvez ici le courrier que nous avons cosigné et adressé au Premier Ministre :

