Face à la flambée des prix du carburant, il faut sortir des aides ponctuelles !

Le 20 mai, j’étais invité sur le plateau de Public Sénat pour évoquer la forte hausse des prix du carburant et ses conséquences sur le pouvoir d’achat des Français.

Depuis plusieurs semaines, les prix à la pompe connaissent une augmentation très préoccupante. Entre le 27 février, à la veille du déclenchement de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, et le 8 mai, le prix du SP-95 a bondi de 20 %, atteignant 2,029€ le litre. Sur la même période, le gazole a augmenté de 26 %, pour atteindre 2,157€ le litre.

Une hausse des prix qui pèse directement sur le pouvoir d’achat

Au mois de mai, le sans-plomb 98 a également atteint des niveaux records, avec un prix moyen de 2,13€ le litre, contre 2,16€ pour le diesel.

Cette flambée des prix de l’énergie s’est rapidement répercutée sur l’ensemble de l’économie. Selon l’INSEE, dans son étude du 13 mai, l’inflation a atteint 2,2 % sur un an en avril, contre 1,7 % en mars.

En mai, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an.

Dans le même temps, le PIB a stagné au premier trimestre 2026, avec une croissance nulle, notamment en raison du recul de la consommation des ménages, en baisse de 0,1 % selon les chiffres publiés par l’INSEE le 30 avril.

Face à cette situation, le gouvernement a proposé la création d’une aide forfaitaire de 100 euros, ainsi que l’élargissement du dispositif du chèque énergie. Bien sûr, l’aide aux foyers les plus précaires est nécessaire et légitime.

Mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de petits ajustements distribués au compte-gouttes, alors que la crise énergétique et la question du pouvoir d’achat appellent une réponse structurelle.

Bloquer les prix et encadrer les marges pour répondre durablement à la crise

C’est dans cette perspective que le groupe CRCE-K a déposé, le 13 mars 2026, une proposition de loi visant à bloquer les prix du gaz et des carburants et à encadrer les marges en période de crise.

Ce texte prévoit d’abord de plafonner, par arrêté et pour une durée de six mois, les prix des carburants et du gaz à leur niveau moyen constaté au cours des douze mois ayant précédé la guerre en Iran. Pour les carburants, cela permettrait de revenir à des prix situés autour de 1,60 à 1,70€ le litre.

Il prévoit aussi des sanctions dissuasives. En cas de prix non conformes, les entreprises concernées pourraient se voir infliger des amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d’affaires mondial hors taxes.

Nous défendons aussi l’abaissement de la TVA sur les carburants à 5,5 %, contre 20 % aujourd’hui. Une telle mesure permettrait de soulager immédiatement les ménages, en particulier celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule pour travailler, se déplacer ou vivre dignement.

Enfin, le texte propose également de limiter les marges des importateurs, producteurs, raffineurs, transporteurs et distributeurs d’hydrocarbures à leur niveau moyen constaté sur l’année précédant le 1er mars. Cette mesure est indispensable pour éviter que certains acteurs ne profitent de la crise pour accroître leurs bénéfices.

Car derrière l’augmentation du prix du carburant se cache aussi des profiteurs de guerre.

Je regrette évidemment que cette proposition ne soit pas entendue par le gouvernement. Plutôt que de s’attaquer aux causes de la crise et aux marges excessives réalisées par certains acteurs, l’exécutif préfère mobiliser le budget général pour financer des aides ponctuelles.

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