Une victoire budgétaire pour les radios associatives

En octobre 2025, j’ai interpellé la ministre de la Culture de l’époque par le biais d’une question écrite, afin d’alerter sur le projet du gouvernement de réduire les crédits alloués au Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026.

Dans sa version initiale du texte, le gouvernement prévoyait une baisse de 44 %, faisant passer le budget du FSER de 35 millions d’euros en 2025 à 19 millions d’euros. Une telle diminution a suscité une vive inquiétude, largement partagée par l’ensemble des groupes politiques du Sénat. Un amendement a donc été déposé en commission des finances lors de l’examen du texte afin de revenir sur cette coupe budgétaire


Voici la réponse de la ministre de la Culture :

Le FSER a finalement été préservé grâce à l’adoption d’un amendement transpartisan, que j’ai voté en commission des finances, portant son budget à 35,3 millions d’euros, soit un niveau équivalent à celui de 2025. Il s’agit d’une victoire importante, même si elle demeure partielle.

Car, au-delà de ce point, le PLF 2026 entérine une réduction plus large des moyens consacrés à la culture.

Le Centre national du cinéma et de l’image animée voit ainsi ses ressources diminuer de 50 millions d’euros, tandis que le Centre national du livre subit une baisse de 16 % de sa subvention.

La culture fragilisée par l’austérité budgétaire

Dans le secteur de l’audiovisuel public, l’effort budgétaire se concentre très largement sur un seul groupe, qui représente pourtant une part majeure des moyens et des effectifs. Radio France voit sa dotation reculer de 4,1 millions d’euros et l’Institut national de l’audiovisuel de 1,5 million.

Par ailleurs, les dotations d’Arte, de France Médias Monde et de TV5 Monde sont gelées, ce qui, dans un contexte d’inflation, équivaut à une diminution réelle de leurs moyens. Pourtant, l’audiovisuel public joue un rôle essentiel dans le maintien d’un espace médiatique pluraliste et apaisé, notamment grâce à la diversité de ses productions documentaires et journalistique.

Défendre l’audiovisuel public face aux attaques idéologiques

À l’heure où le service public de l’information fait l’objet d’attaques démagogiques et fallacieuses, notamment à travers la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, nous devons faire front pour en garantir la pérennité.

Les discours en faveur de son importance sont nécessaires, mais ils ne sauraient suffire sans moyens à la hauteur des ambitions affichées.

La culture mérite des moyens à la hauteur de ses ambitions

La culture permet de faire société, de rassembler, d’émanciper. Elle est aujourd’hui fragilisée, parfois pour des raisons budgétaires, parfois pour des raisons idéologiques.

En tant qu’architecte, je mesure combien l’art et la culture participent à la formation des individus, à leur regard sur le monde et, en ce qui me concerne, à mon engagement politique.

Si l’adoption de cet amendement montre qu’un compromis peut être trouvé au service de l’intérêt général, il faudra rester particulièrement vigilant dans la perspective du projet de loi de finances pour 2027, qui s’annonce exigeant.

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