Fin septembre, quelques semaines seulement après la rentrée scolaire, les étudiants en ont eu assez. Assez d’étudier dans des conditions qui ne cessent de se dégrader, assez de voir leur avenir dépendre d’un algorithme dont personne ne semble véritablement connaître les règles, assez de ne plus pouvoir accéder normalement à leur cantine. Et assez aussi, et je tiens à le souligner, de voir les conditions de travail de leurs enseignants se détériorer d’année en année.
Nous ne pouvons pas rester sourds au cri d’alerte lancé par la jeunesse, qui constitue l’avenir de notre pays.
Un gouvernement sourd
Pourtant, plutôt que de répondre à leurs revendications, le gouvernement a d’abord préféré discréditer leur mobilisation en l’associant aux agissements d’une minorité qui profite de ces mouvements de contestation pour commettre des exactions et des dégradations. Une manière bien connue pour éviter de répondre aux difficultés soulevées par les jeunes et aux responsabilités de l’État dans la dégradation de leurs conditions d’études. Il aura fallu attendre le Conseil des ministres du 14 octobre, soit plus de 15 jours après le début des manifestations, pour que le Président Macron reconnaisse enfin que « la jeunesse exprime des angoisses légitimes ».
Malgré cela, les jeunes tentent, tant bien que mal, de faire entendre leurs revendications et d’ouvrir un dialogue avec les pouvoirs publics. Il est de notre responsabilité, d’adultes tout d’abord, puis d’élus, de les écouter et de soutenir leurs revendications légitimes.
C’est dans cet esprit que j’ai adressé un courrier au directeur académique des services de l’Éducation nationale du Val-d’Oise afin de lui faire part des difficultés rencontrées par les élèves de notre département et de relayer leurs revendications.

Ce courrier a donné lieu à une rencontre avec le DASEN afin de faire remonter au plus haut sommet de l’administration les revendications et aspirations des étudiants.
Les élus locaux en première ligne pour renouer le dialogue
Je tiens aussi à saluer la mobilisation des maires et des élus locaux, du département et plus généralement dans toute la France qui, dans cette période parfois difficile, n’ont eu pas détourné le regard et ont été en première ligne pour maintenir le dialogue et apaiser les tensions.
Dans plusieurs communes, ces événements ont été l’occasion de réunir les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), afin de renforcer la coordination entre les différents acteurs du territoire.
Les collectivités ont aussi permis aux jeunes de pouvoir s’exprimer en organisant des réunions avec eux, en allant sur les lieu de blocus pour dialoguer ou en mettant en place des cahiers de doléances pour faire remonter les revendications. Un moyen concret pour faire avancer les choses.
Je tiens également à saluer le travail des forces de l’ordre, mobilisées pour assurer la sécurité de tous dans un contexte parfois tendu. Ce travail ne doit toutefois pas nous empêcher de dénoncer des dérives, notamment lorsque celles-ci ont conduit à blesser des manifestants pacifiques. Je le déplore. Ceci doit nous rappeler qu’il est essentiel que le maintien de l’ordre s’exerce dans le respect de chacun et dans un souci constant d’apaisement.
Au-delà de la gestion de ces mobilisations, c’est donc avant tout aux raisons qui poussent les jeunes à manifester que nous devons nous intéresser. Derrière ces mouvements de contestation s’exprime un malaise profond face aux conditions d’études et aux perspectives offertes à notre jeunesse. Donner les moyens de réussir à nos jeunes et leur permettre de prendre toute leur place dans le débat public, voilà aussi ce que doit être notre responsabilité collective. Je leur apporte à nouveau tout mon soutien.
Je leur apporte à nouveau tout mon soutien.

