Quand l’histoire se répète….Où sont passés nos Canadair ?

Début 2024, soit il y a plus de deux ans, j’avais interpellé le Ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique – de l’époque – sur l’impact de l’annulation de 52,7 millions d’euros de crédits au budget 2024 de la sécurité civile. J’avais besoin de comprendre les coupes budgétaires envisagées : lesquelles ? Quels achats remis en question ? Quel impact pour nos services de sécurité et de secours et pour les habitants ?

  1. Le réchauffement climatique : y faire face. Entre mythe budgétaire et réalité.

Cette annulation de crédits intervenait silencieusement en 2024 et allait remettre en cause, à mon sens, des dépenses d’équipements urgentes au bénéfice de la sécurité civile, et notamment au bénéfice de nos pompiers qui œuvrent au sein des centres départementaux d’incendie et de secours. Cette annulation de crédits, décidée – selon le gouvernement – sous le joug de la dette, semblait invraisemblable.

Souvenons-nous de 2022. L’année avait été marquée par les incendies et la forte sécheresse. Le 28 octobre 2022, le Président Emmanuel Macron lui-même, lors d’une allocution, avait souligné : « Nous en avons 12 aujourd’hui [en parlant des Canadair]. Nous allons investir massivement pour que d’ici la fin du quinquennat ces 12 soient remplacés et que leur nombre soit porté jusqu’à 16. Nous, nous faisons le choix, que je confirme ici solennellement, de les remplacer et de porter notre flotte à 16. ». Voilà donc exactement ses propos de l’époque.

On pouvait donc s’attendre à un investissement massif jusqu’en 2027.

Lors des débats relatifs au projet de loi de finances 2024, le budget de la sécurité civile avait d’ailleurs été largement réhaussé à force de discussions dans les assemblées et ce tant les parlementaires avaient été sensibles – et l’avaient fait savoir – au constat terrible du changement climatique.

2023 avait également été une année difficile. Il ne s’agissait donc plus seulement de l’avenir, mais de l’instant présent. Avec une histoire qui se répète douloureusement. La préservation de notre bien commun, de nos forêts, de notre agriculture et plus largement de nos territoires devenait alors une question de survie, une question de promesse d’avenir.

Sauf que, quelques semaines plus tard, après le vote de la loi de finances 2024, le gouvernement annulait, en catimini, plus de 52,7 millions de crédits du programme 161 de la sécurité civile.

Exit les nouveaux Canadair. Exit notre patrimoine commun.

Ce pourquoi, à l’époque j’avais demandé des comptes au gouvernement. Sans obtenir, bien entendu de réponse.

II. L’épreuve de l’été 2026 : le problème du calendrier

Nous avons tous en tête ces images de l’été 2026 : ces femmes et ces hommes face aux nuages de flammes, leurs lances trop petites pour lutter contre ces monstrueux feux, cette solidarité qui s’organise, des agriculteurs mobilisés, et le feu qui progresse, inexorablement.

Une sécheresse inouïe sur tous les territoires, des restrictions d’eau potable, des cultures en souffrance…

Nous avons tous aussi en tête des questions : alors que le gouvernement s’évertue à communiquer sur des budgets de sécurité civile en hausse depuis quelques années, où est donc passée notre flotte de protection aérienne ? Quels sont nos équipements disponibles ? Où sont nos nouveaux Canadair ?

Le constat est rude : en 2026, nous avons toujours nos 12 Canadair. Mais ils sont vieillissants, régulièrement en maintenance, et donc pour beaucoup indisponibles.

Pourtant, en juin 2026, soit tout récemment, 2 nouveaux Canadair ont été achetés par la France. Ils seront cependant livrés en 2032-2033. Deux autres devraient arriver en 2028-2029. Le calendrier des promesse semble donc s’être largement étalé. Le réchauffement climatique lui, fait complètement fi de ce calendrier, et s’emballe chaque année.

Il nous faut cependant raison garder : il est vrai que les crédits consacrés par l’Etat à la sécurité civile ont augmenté ces dernières années…. Mais pas du tout à la hauteur des besoins et des enjeux. Comme le publiait récemment le média Reporterre : le budget de la sécurité civile, en 2026, est le suivant : 882 millions d’euros. C’est important. Mais c’est insuffisant. Et les comparaisons sont douloureuses.

Gageons qu’en 2027 Dame Nature nous entende et nous accorde un peu de répit.

Le temps que les priorités budgétaires – et leur calendrier – pour la France soient rectifiées.

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