Retour sur mon voyage au Tadjikistan

Du 24 au 30 avril j’ai eu l’honneur de participer au déplacement parlementaire au Tadjikistan dans le cadre des travaux menés par le groupe d’amitié France-Asie centrale au Sénat.

J’ai fait partie d’une délégation transpartisane, composée des sénateurs et sénatrices suivants : Hervé MAUREY, président du groupe d’amitié (groupe Union centriste – sénateur de l’Eure), David ROS, président délégué du groupe d’amitié (groupe Socialistes, écologistes et Républicains – sénateur de l’Essonne) et Anne-Catherine LOISIER (groupe Union centriste – sénatrice Côte d’Or).

Ce déplacement, mené en étroite collaboration avec Madame Elsa Pignol, ambassadrice de France au Tadjikistan, a donné lieu à de nombreuses rencontres avec des parlementaires tadjiks, des étudiants, ainsi que des représentants de l’Alliance française. Plusieurs visites ont également été organisées afin de mieux comprendre les liens économiques, politiques et culturels qui unissent la France et le Tadjikistan.

Un déplacement parlementaire pour mieux comprendre les liens entre la France et le Tadjikistan

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de visiter un pays comme le Tadjikistan.

Ancienne république soviétique devenue indépendante au moment de la chute de l’URSS, le pays s’est progressivement inscrit dans un régime autoritaire marqué par le poids d’une oligarchie qui concentre une large partie du pouvoir politique et économique, tournée vers la préservation de ses propres intérêts.

Sur le plan économique, le Tadjikistan dispose de nombreuses ressources notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Toutefois, faute de capacités suffisantes pour exploiter pleinement ces atouts, le pays demeure largement dépendant des investissements étrangers, en particulier chinois et russes.

Le Tadjikistan, un État méconnu au cœur des équilibres géopolitiques d’Asie centrale

Ce déplacement a donc constitué une occasion d’appréhender les réalités d’un État encore méconnu en France, situé au cœur de l’Asie centrale, à la croisée d’enjeux géopolitiques, notamment avec la Chine la Russie, l’Afghanistan et l’Iran. Dans ce contexte, le maintien d’un dialogue diplomatique et parlementaire apparaît essentiel, à la fois pour mieux comprendre les équilibres locaux et pour porter un autre regard sur des pays dont les dynamiques géopolitiques résonnent directement avec l’actualité européenne.

Le Tadjikistan est également un pays de contrastes. Majoritairement rural et encore marqué par la pauvreté, il voit émerger, dans le même temps, de grands projets urbains et des espaces métropolitains flambant neufs, inspirés de modèles de développement spectaculaires comme ceux du Golfe.

Culturellement, le Tadjikistan n’est pas un pays slave, mais bien un pays d’héritage perse. Notre regard occidental peut avoir tendance à l’associer au monde slave, notamment en raison de son ancienne appartenance à l’Union soviétique. Pourtant, son identité culturelle, linguistique et historique le rattache davantage à l’espace persan. Cette position géographique et cette histoire singulière en font un pays presque hors norme, dans lequel notre diplomatie culturelle mérite d’être maintenue, notamment par le biais de l’Alliance française, afin de continuer à faire vivre un dialogue culturel enrichissant pour nos deux pays.

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