Un 1er mai pas comme les autres

A Paris, dans le Val d’Oise et partout ailleurs en France, vous étiez une nouvelle fois nombreuses et nombreux à faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs. Le 1er mai reste ce moment essentiel où celles et ceux qui font vivre le pays se rassemblent, revendiquent, échangent et se rencontrent. Une journée de lutte, bien sûr, mais aussi un moment populaire et fraternel, comme il se doit.

Une mémoire ouvrière aujourd’hui attaquée

Le 1er mai est aussi un jour de mémoire. Il rappelle que les droits sociaux ne sont jamais donnés, mais toujours conquis par la lutte collective. Ce jour férié et chômé nous rappelle, à toutes et tous, que face au patronat, les travailleuses et les travailleurs peuvent arracher des droits et faire avancer la justice sociale.

C’est précisément pour cela que les attaques dont il fait l’objet sont si graves. Depuis plusieurs années, certains cherchent à en affaiblir la portée, à en banaliser le sens ou à le réduire à une simple date dans le calendrier. Ces attaques ont récemment pris plusieurs formes. La proposition de loi du groupe Union centriste, qui vise à permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai, en est un exemple. Le refus du maire RN de Liévin d’organiser une cérémonie à cette occasion en est un autre. À cela s’ajoutent les postures d’arrivistes politiques qui instrumentalisent cette journée pour faire de la démagogie à l’approche des prochaines échéances électorales.

Derrière ces remises en cause, il se joue bien plus qu’un simple débat sur l’organisation du travail ou sur un jour férié. C’est le sens même du 1er mai qui se trouve fragilisé. Cette journée, conquise par le mouvement ouvrier, est consacrée aux droits des travailleuses et des travailleurs, à leur dignité et à leur capacité à s’organiser collectivement.

Défendre le 1er mai, défendre le monde du travail

Cette mémoire est d’autant plus nécessaire aujourd’hui. Alors que la méfiance envers les syndicats progresse, que les salaires stagnent, que les dividendes augmentent et que la précarité continue de s’installer, tout montre que le rapport de force entre le capital et le travail reste profondément déséquilibré. Dans le même temps, les grandes entreprises continuent d’accumuler des profits considérables, parfois même en tirant parti des crises internationales. Cette réalité dit quelque chose de notre époque : le capitalisme devient plus brutal, plus violent, plus débridé, et celles et ceux qui travaillent en paient le prix.

Si nous voulons vraiment améliorer la vie des travailleuses et des travailleurs, comme le prétendent les partisans du travail le 1er mai, alors commençons par agir sur ce qui compte réellement. Améliorons les conditions de travail, augmentons les salaires, renforçons la démocratie dans l’entreprise et bloquons les prix du gaz et de l’électricité, devenus insupportables pour de nombreux artisans et petits commerçants. Mais cessons de nous attaquer à l’histoire du mouvement ouvrier et à ses conquêtes sociales !

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