Les élections municipales du mois dernier ont transformé le paysage des exécutifs locaux. Les conseils municipaux se sont renouvelés. Dans le Val d’Oise, ce sont 62 nouveaux maires qui ont pris leur fonction et de nouveaux élus ont rejoint les équipes municipales !
Bienvenue et force à tous pour ce mandat qui s’ouvre avec ses inconnues, ses richesses et ses espoirs pour les habitants.
Pierre BARROS est l’un des 5 sénateurs du Val d’Oise. En tant que Sénateur, il représente les collectivités territoriales du Val d’Oise. Il vous représente donc, vous élus, au quotidien dans cette chambre qu’est le Sénat. Il a aussi une autre mission : celle de voter les lois et de contrôler l’action du Gouvernement avec l’Assemblée Nationale.
Mais surtout, il a une seule ambition : faire entendre la voix des élus et celle du territoire dans les plus hautes instances du Sénat.
Mais qui est-il ? Plutôt que de vous livrer une biographie conventionnelle, nous avons voulu jouer la carte de l’interview, pour revenir sur son parcours, sa vision du territoire et son engagement et pour que chacun puisse le découvrir, ou le redécouvrir, autrement.
Pour ce faire, nous nous sommes livrés à un exercice inhabituel : nous avons posé certaines questions à Pierre Barros, puis nous avons posé les mêmes à son équipe au Sénat. Ça permet de comparer et de dresser un portrait des plus fidèle !
I. ENTRETIEN AVEC PIERRE BARROS
- Avant de parler de la fonction de Sénateur, une chose nous intéresse : qui êtes-vous ? et citez nous au moins 3 valeurs qui vous animent ?
J’habite à Fosses, dans le Val d’Oise, j’ai exercé le métier d’architecte pendant 20 ans et j’ai deux grands garçons. Je suis élu au conseil municipal de Fosses depuis 2001 et je viens d’y être réélu. J’ai un parcours scolaire un peu atypique : l’école n’était pas un endroit qui m’enthousiasmait. J’aimais le bois, la nature, et j’ai donc poursuivi des études d’Arts Appliqués à l’Ecole Boulle ( Paris XI ème ), j’y ai obtenu un CAP d’ébéniste, j’ai poursuivi par un BT et un BTS en Agencement. Après mon service militaire, je suis entré à l’école d’architecture de Paris la Villette et obtenu mon DPLG d’architecte en 2002. Pour quelqu’un qui n’aimait pas l’école, j’ai fini par faire beaucoup d’études ! J’ai aussi d’autre diplômes, comme celui de natation ou de saut à l’élastique, mais je ne sais pas si cela va intéresser beaucoup de monde. J’ai également beaucoup pratiqué la musique, j’ai joué dans divers groupes locaux comme bassiste. A la fin de mes études, je me suis intéressé à ce qui se passait dans ma ville et j’ai rencontré de élus et un maire qui m’ont donné envie de m’engager. D’ailleurs, les décisions que j’ai prises dans ma vie sont souvent rattachées à des personnes que j’ai eu envie de suivre, c’est le cas ici pour mon entrée au Conseil municipal à l’époque. J’aime aussi savoir comment tout fonctionne, comment tout s’organise dans la vie quotidienne, du simple bâtiment au coin d’une rue à la politique. Que dire d’autre ? J’aime la solitude, mais j’ai de grandes difficultés à réfléchir et travailler seul. Le travail collectif fait partie de mon ADN : il permet la remise en question et le challenge, qui sont de vrais ressorts pour avancer.
Les trois valeurs qui m’animent ? Faire les choses honnêtement. Je parle ici d’honnêteté intellectuelle, par rapport à soi ou par rapport aux autres. La justice. A la fois de manière fondamentale mais aussi parce qu’elle est vectrice d’équité ou d’égalité. La question de la beauté du juste équilibre est aussi une vraie aspiration pour moi. Et pour terminer, je dirais le respect. Le respect d’autrui, le respect de soi-même ou encore le respect du cadre. Ce respect amène une certaine forme de liberté et de sécurité.
- Qu’est-ce qui vous rattache ou vous attache au territoire du Val d’Oise ?
Le Val d’Oise, c’est mon nid, ma maison. Ce qui est intéressant dans le Val d’Oise, c’est qu’il y a une diversité de populations, de paysages, de villes. A la fois on est proches de Paris, mais à la fois on est très loin. C’est un territoire agricole, un lien avec la Picardie. C’est un endroit où il y a du mouvement. Après, lorsqu’on naît quelque part, on est forcément marqué par le territoire, on est ancré, ce sont nos racines. Peut-être que si j’étais né en Laponie, je verrais les choses d’une autre manière, mais il est vrai que je suis particulièrement attaché au Val d’Oise et à ses habitants.
- Vous êtes Sénateur : Pourquoi ? Comment ?
Pour poursuivre le travail à un autre endroit. C’est le prolongement de mes précédentes fonctions. Quand on est élu local, on a envie de pouvoir aller plus loin dans le travail réalisé. Avant d’être élu sénateur, je me suis présenté à d’autres élections. Faire campagne est toujours un moment enthousiasmant : il permet la rencontre avec d’autres, il permet de découvrir des endroits insoupçonnés sur le territoire, il permet aussi de se rendre compte que ce qu’on vit, d’autres le vivent aussi à l’autre bout du Val d’Oise.
Dans ma vie, je n’avais pas prévu d’être architecte, d’être maire ou encore d’être sénateur, et, je suis allé à la découverte, à la rencontre des autres, j’ai travaillé avec gens qui m’ont donné, comme je le disais déjà tout à l’heure, l’envie de m’engager davantage, l’envie de sortir de ma zone de confort. Pourtant, je suis plutôt très casanier ! Mais, quand il y a quelque chose à défendre, il faut toujours y aller. Défendre des valeurs, des gens, un territoire, c’est vraiment ce qui m’anime.
Une fois élu Sénateur, j’essaye de poser en actes ce pourquoi je me suis engagé. Au quotidien, il faut en faire quelque chose et produire quelque chose. Il faut être à la hauteur du sujet. Mais surtout, il ne faut pas opérer de métamorphose qui effacerait son parcours ou sa personnalité. Il faut toujours rester soi-même, même à des endroits différents.
Au Sénat, je ne suis pas déçu et je suis parfois mis à l’épreuve : c’est un endroit merveilleux de rencontres, mais c’est aussi un endroit fort en contradictions où la sincérité fait parfois défaut et où certains devraient la cultiver davantage.
- Que souhaiteriez-vous dire au nouveaux élus qui viennent de prendre leurs fonctions ?
Je voudrais leur adresser toutes mes félicitations.
Félicitations tout d’abord à ceux qui ont renouvelé leur mandat, sur la base du bilan du mandat précédent. Ce mandat n’a pas été simple et malgré cela, ils ont su convaincre : leur engagement a été reconnu. Ils ont réussi l’exercice du renouvellement avec des élus différents mais en continuité. C’est la preuve d’une belle force collective.
Puis, félicitations à ceux qui viennent d’arriver et qui ont certainement fait une belle campagne qui leur permet maintenant d’installer un conseil municipal, des adjoints et un maire. Ils attaquent un mandat et une fonction merveilleuse. Ils vont découvrir les joies de la mise en œuvre du projet municipal. Ils vont se confronter au réel, ce qui est passionnant. Quand on est élu dans une commune, il faut construire des solidarités. Il ne faut pas hésiter à aller chercher des soutiens là où cela est possible car souvent, d’autres ont déjà affronté ce qu’ils s’apprêtent à vivre ou ce qu’ils vivent. Il ne faut jamais rester seul avec une question. Bien sûr, ils peuvent aussi m’interpeller. Il ne faut pas hésiter à interpeller les parlementaires. Pas seulement pour faire remonter les informations, mais pour être accompagné.
- Et aux maires plus précisément ?
C’est une chance et une grande exigence que d’être élu maire. Ils vont avoir l’opportunité de regarder la société, les gens, la complexité, dans toute sa diversité et à différentes échelles.
A l’échelle des individus, dans leur plus grande intimité, et à une échelle plus globale, celle du national. Cela demande une grande élasticité d’esprit. Surtout en ce moment. La solidarité entre les maires, au-delà des clivages politiques, est salvatrice. C’est en effet important de filer des coups de main aux collègues. Puis, parfois, il y a des sujets où il n’y a pas spontanément de réponse. Aussi, il faut toujours croire au pouvoir du collectif. Le maire est l’animateur d’un collectif d’élus et peut trouver des réponses au quotidien dans cet espace. Un conseil pour les maires : se saisir chaque jour de cette opportunité dans ce mandat qui s’ouvre à eux.
- Et enfin, si vous étiez une œuvre d’art, vous seriez laquelle ?
[Rires] Je pense que cela serait plutôt un ouvrage d’art. Un pont peut-être. Un pont métallique façon Gustave Eiffel.
II. ENTRETIEN AVEC L’EQUIPE DE PIERRE BARROS
Et son équipe qu’en pense-t-elle ?
- Avant de parler de la fonction de Sénateur de Pierre BARROS, une chose nous intéresse : qui est-il ? Et pouvez-vous citer 3 valeurs qui l’animent ?
Pierre BARROS est un élu de terrain. C’est une certitude ! Mais ce n’est pas « un élu de terrain » comme on peut l’entendre communément. C’est un élu de « terrain » en référence à la terre, à la construction naturelle ou encore à l’aménagement du territoire, qu’il affectionne tout particulièrement.
Aussi, tout d’abord, on pourrait dire que c’est un homme qui aime façonner le territoire, et qui est aussi façonné par ce dernier. C’est sans doute pour cela qu’avant d’être élu sénateur, il est architecte. Cela lui correspond bien, comme nous venons de le dire : ce rapport à la terre, à la création, ce rapport aussi aux différentes dimensions de la vie et son besoin d’être toujours en phase et connecté à son environnement. Il est un peu un architecte de métier, mais aussi un architecte de la vie de tous les jours. On dit souvent des maires qu’ils sont des maires-bâtisseurs. C’est un peu la définition de ce qu’il est encore aujourd’hui : un sénateur-bâtisseur.
Puis, ce qu’on peut dire de lui aussi, c’est qu’il est un peu « hors-norme » ici au Sénat. Pourquoi « hors-norme » ? Par exemple, et c’est ce que les médias avaient retenu de lui lors de son installation à juste titre, il n’aime pas les codes vestimentaires, comme le port de la cravate. Il trouve cela futile. Pour beaucoup, c’est sa marque de fabrique. Aussi, sa manière de s’habiller est très connectée à sa manière d’être : c’est quelqu’un de simple, de généreux, de très sensible et à l’écoute de son environnement. On pourrait dire qu’il estime que son action est plus importante que son apparence. On doit avouer que régulièrement, on tente de lui redire que, quand même, les codes vestimentaires sont importants. Mais c’est un sujet de lutte permanent !
Ses valeurs qui l’animent ? Sans aucun doute : l’altruisme, la sincérité et la fidélité.
- Qu’est-ce qui le rattache ou l’attache au territoire du Val d’Oise ?
Ses racines ! Incontestablement. Il a un attachement viscéral à son territoire, au Val d’Oise et plus précisément à l’est du Département. Il est né à Fosses, il a grandi à Fosses, il s’est lui-même installé à Fosses, à 5 minutes à pieds de chez ses parents. Il a construit sa propre famille à Fosses, a été Maire de Fosses pendant 16 ans et il n’imagine pas du tout quitter son territoire. Il prend le RER D chaque jour pour venir au Sénat, comme tous les travailleuses et travailleurs du secteur et c’est un choix. Il subit les désagréments des transports, cela le met en colère… et cela le connecte d’autant plus aux réalités des habitants du territoire, qu’il rencontre ou revoit dans ses trajets vers Paris. Le Val d’Oise, c’est donc sa terre natale, là où sont ses racines et ses amis.
- Il est Sénateur : Pourquoi et Comment à votre avis ?
Sa force, c’est sans doute sa capacité à être à l’écoute et à chercher, toujours, le meilleur pour le territoire. Il est donc capable de dépasser certaines postures politico-politiciennes pour que cela puisse être toujours bénéfique au territoire, aux élus et aux habitants. Tout en gardant une vraie colonne vertébrale à gauche. Même si son esprit de contradiction peut parfois lui jouer des tours !
Ce que l’on sait, c’est qu’il s’est présenté aux élections sénatoriales pour défendre les collectivités et leurs agents face aux baisses de moyens et face à la vague de déconsidération de notre société et de certains élus pour le service public. Il nous demande chaque jour de mettre en mouvement ce challenge : défendre les collectivités et leurs agents.
Pour les deux dernières questions, il est difficile de répondre, mais sans doute va-t-il se mettre à leur entière disposition, pour faire avancer, coûte que coûte, les grands enjeux du territoire.
Et pour terminer, s’il était une œuvre d’art, laquelle serait-il ?
Il y en a tellement ! Il aime la culture et le patrimoine, difficile de choisir. S’il fallait faire quand même un choix, peut-être une vieille église.




