En octobre 2024, j’interpellais la ministre du Logement et de la Rénovation urbaine de l’époque, par le biais d’une question écrire, afin d’alerter sur l’aggravation de la crise du logement social en Île-de-France et dans le département du Val d’Oise.

La demande de logement en Île-de-France ne cesse d’augmenter tandis que l’offre demeure structurellement insuffisante, entraînant des délais d’attente trop longs et le maintien de citoyennes et citoyens dans des situations de mal-logement.
Voici sa réponse :



Si le gouvernement considère que le schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) et les différentes opérations engagées en Île-de-France suffisent pour répondre à la crise du logement, cette considération se heurte à une réalité du terrain bien plus sévère. En effet, dans son rapport annuel de 2025, la Fondation pour le logement des défavorisés met en lumière le manque cruel d’investissement de l’État en la matière alors même que plus d’un million de personnes ne disposent aujourd’hui d’aucun logement personnel et que 4,2 millions de personnes sont sans logement ou mal-logées, tandis que 12,3 millions supplémentaires sont fragilisées par la crise du logement.
Une situation qui alimente l’aggravation continue du sans-abrisme, avec 350 000 personnes sans domicile, à l’échelle nationale, contre 143 000 en 2012, ainsi que le développement massif mais largement invisible de l’hébergement contraint chez des tiers, qui concerne à ce jour près de 600 000 personnes.
Malgré cela, au regard de sa réponse, le gouvernement semble se satisfaire de cette progression marginale du parc social, comme l’illustre dans le Val-d’Oise l’agrément de seulement 1 019 logements sociaux supplémentaires. Une telle réponse apparaît largement en deçà des attentes de la population, lorsque l’on sait qu’en 2022, 74 816 demandes de logements sociaux étaient déposées dans le département, comme je l’ai rappelé dans ma question écrite.
Au-delà de ce décalage manifeste entre la production affichée et les besoins réels, le gouvernement passe sous silence la pression financière croissante qui pèse sur les collectivités. Or, La Fondation pour le logement considère que celles-ci sont les acteurs les « plus à même d’apporter des réponses adaptées » à la crise du logement, tant il est aujourd’hui de leur compétence d’agir en la matière.
Cependant, il est pour le moins incohérent de leur confier cette responsabilité tout en réduisant, depuis le premier mandat d’Emmanuel Macron, les moyens financiers et les recettes qui leur sont alloués.
En effet, l’effort imposé aux collectivités au nom du « redressement des comptes publics » réduit de facto leurs marges de manœuvre en matière de politique de logement, au moment même où les besoins sociaux explosent.
Cette orientation semble cependant traduire une volonté politique.
De nombreuses associations ont alerté, dès novembre dernier, sur la nomination de Monsieur Vincent JEANBRUN comme ministre de la Ville et du Logement, au regard de ses prises de position en faveur d’un durcissement des conditions d’attribution et d’une réduction de la construction de logements sociaux. De plus, le PLF2026 s’inscrit pleinement dans cette logique, en demandant une nouvelle fois aux collectivités territoriales de contribuer davantage au redressement des comptes publics, alors même qu’elles ne représentent que 7,9 % de la dette publique en 2024.
Dans un contexte où l’ensemble des signaux mettent en exergue une crise majeure du logement, vous pourrez compter sur moi pour défendre les plus précaires et m’opposer, avec mon groupe CRCE-K au Sénat, à tout affaiblissement de l’action publique !

