Nous avons terminé cette année 2025 sans budget pour la France. Et pourtant, avec de nombreux sénateurs déterminés et indignés, j’ai siégé jusqu’au 23 décembre avec l’espoir – vain – d’être écouté et entendu. Voter le budget de la France, c’est un process qui dure plusieurs semaines pendant lesquelles les parlementaires étudient les textes soumis au vote, nuits et jours. C’est aussi un process pendant lequel les parlementaires peuvent faire entendre la voix du peuple et des territoires pour ajuster – voire modifier – les textes proposés.
C’est ce à quoi nous nous sommes, une fois de plus cette année, évertués. Mais le chemin est long, sinueux, rugueux, et encore cette année, nous avons été contraints de faire demi-tour avant de trouver une issue. Pourquoi ? Parce que la parole des élus, des parlementaires, est écoutée mais n’est pas entendue.
D’aucuns s’agacent dans les médias ou l’opinion publique de ne pas voir se dessiner, encore une fois, un budget pour la France. Mais quel est le sens du budget qui nous a été présenté ? A-t-on vraiment besoin d’un budget voté qui vise à détruire nos territoires, détruire la vie de milliers de citoyens, alimenter la fracture sociale, et poursuivre la dégradation de la dette publique ?
Peut-on juste prendre le temps de se poser la question du sens ?
N’est-il pas légitime de demander qu’une nouvelle copie soit proposée par le gouvernement ?
La vie des gens n’est pas un jeu : le pouvoir d’achat, la santé, la protection des plus fragiles doivent être, dans notre pays des droits de l’Homme, une priorité.
Je vous propose ici de retrouver mes interventions, mes inquiétudes et mon avis sur les textes qui nous ont été proposés par le gouvernement, et qui expliquent, en toute transparence, le choix de mon vote et celui de mon groupe des Sénateurs communistes Républicains Citoyens et Ecologistes sur les propositions de loi de finances exposées dans l’hémicycle du Sénat.
Alors que nous étions en plein examen du projet de loi de finances 2026 au Sénat, et que nous luttions contre les reculs sociaux annoncés dans ce texte, nous avons dû nous prononcer sur le Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025. C’est ainsi que le Mercredi 3 décembre 2025, je suis intervenu en séance sur ce projet, au nom de mon groupe des Sénateurs communistes Républicains Citoyens et Ecologistes.
C’est quoi le projet de loi de finances de fin de gestion ?
La loi de finances de fin de gestion a été créée par la loi organique du 28 décembre 2021. Elle est une nouvelle catégorie de loi de finances (LOLF, article 1). Elle contient les dispositions essentielles à l’exécution budgétaire de la fin de l’année en cours. A contrario, elle ne prévoit aucune disposition fiscale nouvelle qui doit elle relever du projet de loi futur. Plus précisément, et comme l’énonce le ministère du budget sur son site internet, la loi de finances de fin de gestion « a pour objectif principal d’assurer un atterrissage de la dépense de l’État conforme aux arbitrages rendus […] et procède aux ajustements de crédits (ouvertures et annulations) et d’emplois nécessaires à la fin de gestion de l’année, sans dispositions d’ordre fiscal ».
Aussi, bien plus qu’une opération comptable de fin d’année, elle est le reflet du bilan de l’année 2025 et des années précédentes.
Quel triste bilan !
Voilà donc les mots qui me viennent à l’esprit.
En 8 années, le gouvernement d’Emmanuel Macron et la majorité sénatoriale ont augmenté la dette française de plus de 1 100 milliards d’euros en transformant nos recettes fiscales en dettes.
Ils ont appauvri et désorganisé l’Etat sur les territoires en multipliant les agences et les opérateurs. Ils ont assombri de manière spectaculaire l’avenir des services publics et des collectivités territoriales.
Le budget 2025 s’est distingué par de nouvelles baisses de moyens alloués au services publics, aux collectivités et à la santé.
Et pourtant, le discours est toujours et encore celui de culpabiliser les citoyens et les élus, comme si ces derniers étaient responsables des choix politiques des différents gouvernements qui se sont succédé ces dernières années.
Pourtant, un autre modèle de société est possible.
Mon groupe au Sénat a présenté plus de 250 propositions pour renforcer les recettes publiques, à hauteur de 70 milliards d’euros ! Mais le gouvernement et la majorité sénatoriale ont refusé de toucher au capital.
J’ai ainsi exprimé mon refus de ce texte, pour dire non à cette pénurie organisée qui alimente la crise sociale, écologique et démocratique qui traverse notre pays.
Retrouvez ici mon intervention :
Abracadabra ou l’art de faire disparaître des recettes nécessaires
Puis, dans cette suite, je suis intervenu le 4 décembre 2025 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2026. A nouveau, on nous explique que chacun devra participer à l’effort nécessaire pour redresser la France et que cet effort sera collectif, temporaire et devra concerner toutes les catégories de français.
Alors que 12 milliards d’euros de recettes supplémentaires étaient prévues au Projet de loi de finances 2026, 13 milliards d’euros de recettes se sont miraculeusement envolées. Et pas n’importes lesquelles. Des milliards d’euros concernent uniquement les entreprises, les multipropriétaires et les très hauts patrimoines logés dans les holdings. C’est ainsi qu’on comprend que ces grands patrons et ces grandes fortunes n’appartiennent pas à ce qu’on appelle « toutes les catégories de français ». Et cela est inacceptable.
C’est alors qu’on découvre que le gouvernement et la majorité sénatoriale, pour retrouver leurs milliards manquants, veulent supprimer ceux fléchés pour l’école, pour l’environnement, la culture, la solidarité, et l’ensemble des missions de service public hors budget militaire. Là encore, c’est inacceptable.
Pour toutes ces raisons, j’ai donc voté contre la partie recettes du projet de loi de finances pour 2026, au nom de mon groupe communistes Républicains Citoyens et Ecologistes.
Retrouvez ici mon intervention :
Pour une République et une Egalité au cœur du budget
Ce budget n’était pas un budget de compromis. Il ne réduisait pas le déficit, au contraire, il l’aggravait. La majorité sénatoriale avait dans ce texte réduit les recettes de l’État, en offrant 8 milliards de cadeaux fiscaux au seul profit des grandes entreprises et des grandes fortunes.
Les services publics étaient eux mis largement à contribution, via un coup de rabot de 30 milliards d’euros sur leurs dépenses.
Parmi les principales mesures, on pouvait noter la reconduction du Dilico (900 millions d’euros), la suppression de 4.000 postes d’enseignants, une nouvelle baisse du Fonds Vert (de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 650 millions en 2026) ou encore le non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique d’État.
Ce budget, c’était un budget sourd à la crise politique et économique que traverse notre pays.
Un budget qui refuse de prendre en compte la réalité de ce que vivent les Français, les élus locaux et les agents des services publics.
C’est pourquoi j’ai refusé de m’associer à ce dernier. Je souhaite en effet que les mots République et Egalité puissent continuer à avoir du sens en France.



