Le mois de décembre fut consacré en grande partie à l’étude des différents projets de loi relatifs aux finances publiques. Ce fut un mois intense, rempli de déconvenues et de déceptions. Car quelle est donc cette vision en haut lieu de notre service public ? A plusieurs reprises, j’ai donc eu l’honneur de prendre la parole dans l’hémicycle du Sénat pour dire mon inquiétude, pour exprimer ma vision du service public et défendre ce dernier.
- La défense du service public, mon impératif
Lors de la campagne des sénatoriales en 2023, je me suis engagé à défendre notre service public local. Chaque jour je m’inscris pleinement dans cette bataille, face à tant d’ignorance et/ou de mépris en haut lieu pour le service public et pour ses agents.
C’est en ce sens que le samedi 8 décembre, au Sénat, je suis intervenu pour dénoncer la baisse des crédits accordés aux services publics dans le budget pour 2026.
Le gouvernement a fait le choix d’affaiblir l’État et les collectivités territoriales en supprimant de nombreuses ressources. Il s’en sert ensuite pour justifier de la suppression pure et simple d’un grand nombre de politiques publiques : c’est inacceptable et c’est intellectuellement profondément injuste. Dans le même temps, l’État externalise ses compétences en faisant la part belle aux agences de l’État et aux cabinets de conseil. Il lui est facile ensuite, face à l’absence de crédits, de dénoncer l’efficacité des services publics ! Lorsqu’il n’y a plus les moyens pour fonctionner, il n’est plus possible de fonctionner !
En tant qu’élu local, nous vivons cette situation de plein fouet dans nos collectivité. La courbe d’évolution des dépenses et des recettes de fonctionnement s’est inversée depuis 2023 et nous n’arrivons plus à lutter contre cette dégradation inexorable des finances publiques. L’Etat pourrait rétorquer que cette dégradation est liée à des choix politiques locaux : il n’en est rien ! Même dans des collectivités où le choix a été fait depuis plusieurs années de contraindre les charges de fonctionnement, de diminuer ou de stabiliser la masse salariale (sans recrutement), les dépenses poursuivent leur hausse (notamment en lien avec l’inflation)
Face au démantèlement et à la désorganisation consécutive de notre service public, je continuerai à lutter aux côtés des élus, des agents et des usagers pour défendre ce bien commun.
J’ai ainsi rappelé dans mon intervention que le service public est la richesse des plus démunis et que le gouvernement n’en est que le dépositaire. Il faut donc qu’il en prenne soin, pour le bien de toutes et de tous !
Retrouvez ici mon intervention du 8 décembre 2025 :
- L’Etat doit retrouver son rôle de stratège pour
L’Etat nous rétorque régulièrement que de son côté, il ne peut pas non plus faire avec de l’argent qu’il ne possède pas. Pourtant, l’Etat a encore consacré cette année 145 milliards d’euros non pas à l’action publique, mais à compenser des impôts qu’il a choisi de ne plus percevoir. L’Etat semble passer son temps à capituler face aux marchés financiers.
Cette situation relève donc d’un choix pour le gouvernement : il s’agit du modèle fiscal qu’il choisit délibérément de mettre en place. Et à mon sens, il s’agit d’un modèle qui est loin d’être juste et équitable.
Pour se faire une idée précise de l’ensemble, il est de bon sens de demander davantage de transparence. Il me semble qu’il s’agit là d’une vraie marge de progression pour le gouvernement : nous avons tous besoin d’une traçabilité claire des finances publiques.
Ce fut le cas lors de la mission que j’ai présidée cette année sur les agences de l’Etat, mais c’est le cas aussi et assurément pour toutes les aides publiques.
La transparence ne peut pas être un vain mot.
Elle ne peut pas être uniquement le fruit d’une opération de marketing.
Elle doit s’incarner et prendre vie à travers des outils.
L’Etat doit retrouver un rôle stratège et une véritable capacité d’intervention.
L’Etat doit poursuivre sa définition d’orientations et garantir leur cohérence dans leur mise en œuvre. Son action doit s’exercer en priorité sur ses missions régaliennes : la défense, la sécurité intérieure, la justice…mais il doit être capable également de faire face aux enjeux sociétaux dans les domaines de l’éducation, la santé, la solidarité, l’industrie, l’aménagement du territoire…Un ensemble de compétences qui sont aujourd’hui exercées par nos collectivités locales.
Aussi, lorsque l’Etat se réforme, il doit aussi se poser la question de l’impact de ces réformes sur les territoires. Il y a deux leviers : il ne peut y avoir décentralisation sans déconcentration des services de l’Etat. Et si l’Etat ne se déconcentre pas, il s’éloigne des territoires. Les deux axes ne peuvent être activés indépendamment. L’Etat doit absolument s’intéresser au local pour retrouver de sa lisibilité et de sa légitimité sur les territoires.
Cela ne peut pas se faire si l’Etat annihile tout le travail mené par les élus locaux en supprimant les financement dont les territoires ont besoin pour être préservés et se développer.
En ce sens, retrouvez mon intervention concernant la mission « Remboursement et Dégrèvement » du PLF 2026 du 12 décembre 2025 :

